mardi 24 octobre 2017

Jour 1

En fait, c'est le jour 2152 (approximation) pour Jean et Jeanette. Pour moi, c'est le jour 1 de la prise de médicaments.

En résumé: 

  • 10 jours d'Estrace 3 fois par jour

  • Échographie pour voir l'épaisseur de l'endométrium (paroi utérine)

  • Si tout est assez épais (si mon corps réagit bien aux hormones), 10 jours de Progestérone

  • Transfert d'embryon à Toronto!! :D

Ça commence enfin pour vrai, je suis vraiment contente! Je suis hyper positive pour la suite des choses! 

Devenir mère porteuse de façon autonome

De façon autonome, en opposition à "avec une agence". 

La gestation pour autrui est malheureusement très mal encadrée au Québec. Pour cette raison, il n'y a pas d'agence qui mettent en relation des mère porteuses et des parents d'intention. 

En Ontario, par exemple, il existe des agences qui recrutent des mères porteuses et qui invitent les parents d'intention à appliquer pour une banque de parents désireux d'utiliser les services de la mère porteuse. C'est toujours la mère porteuse qui choisit le couple et leur situation plutôt que l'inverse. Elle doit sentir que c'est eux qui pourront déposer leur petit pain dans son ventre et le faire pousser pour finalement leur remettre. Par exemple, une femme pourrait ne pas désirer porter l'enfant d'un couple homosexuel, ou encore refuser de se faire avorter si l'enfant était handicapé, alors que c'est le désir du couple. La future mère porteuse et le couple doivent s'entendre sur tous les points avant de faire le transfert d'embryon. Un contrat, qui recense tous les litiges possibles et leur issue, si jamais l'occasion se présentait, lie les parties en cause.

Malheureusement, au Québec, aucune loi ne réglemente ce domaine donc les femmes désirant être mères porteuses sont exposées à toutes sortes de risques, tel que devoir garder l'enfant si le couple changeait d'idée en cours de route, et les couples risquent de leur côté de ne jamais avoir la garde de l'enfant, puisqu'au Québec, la femme qui accouche est toujours la mère légale de l'enfant.

Cette pratique est donc mal encadrée mais tolérée, ce qui fait qu'elle n'est pas illégale, mais il est interdit de recevoir une compensation en échange de ce service, mis à part un remboursement des dépenses et du temps de travail manqué pour les rendez-vous ou autre. Il est illégal au Canada de recevoir une compensation (salaire) pour être mère porteuse.

Jean et Jeanette ont choisi une clinique de l'Ontario pour effectuer le transfert d'embryon et le suivi des 12 premières semaines de grossesse. Un traitement d'hormones sera nécessaire pour préparer mon corps à recevoir un embryon fécondé et l'amener jusqu'à son autonomie à mener la grossesse à terme. Après 12 semaines, on continuera avec un suivi de grossesse avec un médecin de Québec.

En mode famille, mon côté de l'histoire

Bienvenue sur ce petit blog tout humble qui vous racontera une façon différente de fonder une famille.

Puisque je ne peux parler qu'en mon nom et non en celui de personne d'autre, je vais vous raconter mon histoire.

Je m'appelle Krystine, j'ai 38 ans, deux enfants, un condo et un vélo, et je m'apprête à devenir mère porteuse pour des amis que j'aime beaucoup. 

D'où m'est venue l'idée de devenir mère porteuse

Il y a longtemps, avant même d'avoir des enfants, j'avais accepté l'idée que si quelqu'un très proche, ma soeur par exemple, me demandait de porter son enfant, j'accepterais sans poser de questions. Ma soeur ayant eu des jumelles par elle-même, je n'avais plus personne proche qui avait besoin d'un four à pain... à moins que... Jean et Jeanette... ils essaient depuis si longtemps... mais je ne voudrais pas les blesser avec mon offre... si jamais ce n'était pas ce qu'ils veulent... si jamais j'avais l'air arrogante... 

Ma relation avec eux

Retour de 18 ans dans le passé. J'ai rencontré Jean à mon entrée à l'Université. Lui sortait d'un bacc en administration, il était "vieux", moi je sortais à peine du cégep, naïve et spontanée! De 3 ans mon aîné, il m'en a montré plus d'une et j'aime penser que je l'ai aussi aidé à quelques reprises! J'ai rencontré Jeanette au début de leur relation. J'ai toujours trouvé leur couple solide et j'ai tout de suite été surprise par leur honnêteté l'un envers l'autre.

L'offre

On revient à aujourd'hui. J'ai invité Jean à souper, comme je le fais régulièrement. Il ne se doute de rien. Je lui pose des questions sur où ils en sont dans leur processus, il me parle de comment tout est difficile et se solde systématiquement en échec. Je lui parle d'adoption, il me répond "pas notre bébé", je lui parle de mère porteuse, il me répond "trop risqué au Québec"... 

Finalement, je lui dis: Tu sais Jean, tu n'es pas ici pour rien. Je voulais t'offrir, si toi et Jeanette êtes intéressés, à porter votre bébé. 

Pour faire une histoire courte avec une longue, je serai bientôt en mode famille! :)

Questions fréquentes à une mère porteuse

Une mère porteuse, ce n'est pas fréquent. C'est pourquoi, lorsque je mentionne que "non ce n'est pas mon 3e bébé", le...